Amin Maalouf analyse l’identité en quatre temps
Tout d’abord, il travail sur le thème de Mon identité, mes appartenances, montrant que l’identité est en fait multiple, que les appartenances engendrent, sauf si l’on en déclare une majeure, en opposition face à l’Autre. Le lecteur se surprend alors à penser au film d’Emir Kusturica, La Vie est un Miracle, où l’amour naît entre un Serbe et une Musulmane en pleine guerre Yougoslave. C’est un bel exemple d’identité modifiée par les aléas de la vie.
Puis, vient le temps d’une réflexion sur les problèmes qui surgissent Quand la modernité vient de chez l’Autre. Il n’est alors pas surprenant de voir certaines personnes brandir les symboles de l’archaïsme pour affirmer leur différence (femmes brûlées dans les cités). Position facilitée par le jeu naturel des puissances, pas si naturellement enclin à partager leur modernité, preuve en est Muhammad-Ali, vice-roi d’Egypte, voulant rattraper l’Europe en l’imitant et étant trahie par les forces dominantes du moment en occident. Mais la religion n’a pas été un mouvement naturel d’opposition, ainsi que le montre les nationalistes, souvent hostile aux Islamistes, dont le premier d’entres eux, Nasser.
Le temps des tribus planétaires débute par l’exposé de la théorie du développement de l’humanité d’Arnold Toynbee, pour lequel la préhistoire se caractérise par des communications lentes et des progrès de connaissance plus lents encore ; l’Histoire se caractérise par un développement des connaissances plus rapide que leur propagation ; puis notre époque actuelle, des nouvelles technologies de l’information, ou les connaissances progressent de plus en plus vite mais moins vite encore que les progrès de la communication. A l’heure des tribus planétaires, le risque d’uniformisation (voir d’hégémonie d’une culture, si l’on ne prend pas garde à laisser une place à l’autre, à favoriser le métissage, l’engendrement) peut provoquer une radicalisation identitaire. Lorsque la religion donne plus que du sens mais une appartenance à une communauté, elle peut devenir le réceptacle de ces chocs identitaires.
Il est alors important de comprendre que jamais une civilisation (née de l'occident chrétien) n'a autant dominé son époque et la globalité du monde, et que sa puissance dérange, heurte, provoque le rejet, car trop hégémonique, trop en avance...
Apprivoiser la panthère c’est éviter tout autant la tentation hégémonique que son inverse, la tentation du dépit, car l’identité est comme une panthère qui ne faut ni laisser libre ni tenter de tuer mais apprivoiser.
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